Une nouvelle année, un nouveau blog, les Pipelettes déménagent sur Word Press.
C'est ici que ça se passe !
Une nouvelle année, un nouveau blog, les Pipelettes déménagent sur Word Press.
C'est ici que ça se passe !
Photo : Blandine Lejeune
Foin des chaumières
normandes et des villas à Guéthary, s'agit désormais de fuir le stress ambiant pour la paix d'une yourte au pied des pistes ou d'une bergerie dans la Meuse.
La crise, la crise : quiconque veut s'assurer les faveurs du public est prié de faire simple. Isabel Marant et Jerôme Dreyfus, gourous de mode et adeptes de la "new modestie",
n'achètent pas une retraite trois étoiles sur la Côte d'Azur mais vont s'exiler dans une cabane des environs de Paris, sans eau ni électricité.
Idem pour Beyoncé Knowles qui, outre-Atlantique, joue les Robinsones dans une cabine de dix-sept mètres carrés. Idem encore pour Johnny et Vanessa, lesquels ont installé au fond de leur domaine
de mille hectares une caravane pourvue de tout ce qu'il faut de papier à rouler et de guitares sèches. Sans
parler des groupes de cosmétiques et des complexes hôteliers qui surfent sur la tendance et rivalisent de formules alléchantes en proposant des spa perchés en haut des arbres et des séjours dans
diverses huttes étoilées ou radeaux de la Méduse, moyennant plusieurs milliers d'euros par tête de pipe .
La crise, quelle crise
?
Garçon ou fille, difficile de trancher.
Un minois évanescent de poupée russe avec un décolleté de Tomboy : encore tabou hier, le transgenre, pratiqué depuis la nuit des temps, est désormais à l’extrême pointe de la
tendance.
Calvin Klein, Givenchy, tous usent et abusent de la théorie du genre en choisissant pour leurs nouvelles collections des égéries à barbe. Dernier spécimen en
vogue, Andrej Pejic, mannequin serbo-croate aux jambes de top model et à la moue de Lolita : il vient de décrocher sans façons ni contrefaçons une campagne publicitaire de
soutien-gorge.
Plus d’”il” ou “elle” qui vaillent, la révolution trans est en marche.
Garçon ou fille, si facile de transser !
Les pipelettes se délectent à Noël. Non de foie gras (contraire à leur éthique) mais des instants de comédie humaine qu’offrent ces festivités. Tout comme le
Bolchoï jette ses danseurs dans un finale endiablé, Noël clôt l’année dans les guirlandes et en beauté, pour une apothéose d’homo festivus.
Noël est un sport de combat : homo noelus s’est équipé, depuis des semaines, pour affronter ladictature des cadeaux. Il y a sacrifié son énergie et son
portefeuille.
Noël est un sport d’estomac : après le saumon, le champagne, les coquilles saint-jacques et les huîtres, la dinde aux
marrons et la bûche, on ne pourra se refuser la truffe à la truffe faite maison ni le digestif au calva servi par le patriarche.
Noël est un sport artistique : combien de dindes seront photographiées ? Combien de pères Noël ? De bambins au milieu d’un chantier de papiers dorés ?
De sapins ? De réveillonneurs en lutte contre l’indigestion ? Le tout accompagné par les réseaux sociaux, évidemment. Belle performance.
Au fait, Noël, ça n’avait pas de rapport avec une naissance ? Comment s’appelait l’enfant, déjà ? Était-ce une fille ou
un garçon ? Les deux, voyons, selon la théorie du genre.
Les Américains sont une espèce efficace : plutôt que de perdre leur temps à attendre
des SMS qui n’arrivent pas – car c’est ça l’amour au XXIe
siècle, n’est-ce pas Beigbeder ? – ils fixent le cadre de la « relation » lors d’une discussion préalable.
Cérémonial qui porte le nom de DTR, pour « Define the Relationship »
Une mise au point, en quelque sorte (MAP).
Façon, en tout cas, de mettre les choses au clair une fois pour toutes. Le Yankee, homme d'action, pragmatique, positif, sportif et aussi fantaisiste qu'une feuille d'impôt, n’a pas de temps à
perdre avec ses états d'âme. Dieu lui prouve son existence par la bonne marche des affaires et par la bonne santé de la Bourse, non par les transes de l’amour. Alors, pour lui, le processus est
simple : un premier verre en copains, puis un restau en tête à tête deux jours plus tard, enfin une troisième "date" qui sonne l’heure du passage à l’acte.
Au quatrième rendez-vous, on se met d’accord. Soit on se quitte avec une petite larme (et au suivant!). Soit on fixe la date d'un mariage dans le Vermont. Schéma purement mathématique, voir
darwiniste. Pas comme chez nous, où pauvres hères nourris au biberon du romantisme catholique, nous naviguons contre vents et marées ( mariées ?) dans les eaux périlleuses de l’amour et du
hasard.